The New York Times
La compositrice contemporaine Isabelle Aboulker est mise à l'honneur avec trois œuvres. Le livret de l'album propose les paroles en français et leur traduction en anglais, permettant ainsi de mieux comprendre son approche de la mise en musique par Aboulker de « L'Inconstante », dont les vers légèrement osés sont tirés de la poésie de Charles Cros.
Seth Colter Walls
Resmusica
L’amour plein de vie et de verve de Julie Roset
Finalement, sous l'impulsion de la pianiste Susan Manoff, après Debussy, le second pilier de cette programmation musicale est l'inventive compositrice Isabelle Aboulker, plus connue pour ses ouvrages lyriques destinés à la jeunesse mais qui sait parer la voix adulte d'une musicalité expressive immédiate.
L'univers du conte de fées de "La princesse au petit pois" se compose ainsi d'une amusante espièglerie qui sied parfaitement à la jeunesse de son interprète, tout comme la gaieté libertine de "L'inconstante" proche du comique.
C'est forte d'une technique irréprochable, d'un naturel enthousiasmant, et d'un second degré décapant que Julie Roset livre un "Je t'aime !" étonnant. Cette troisième pièce d'Isabelle Aboulker condense assurément l'originalité de ce programme musical composé de mélodies françaises méconnues.
Charlotte Saulneron
Altea Media Music Reviews Of Reviews
Aboulker : la zone de risque, donc la zone de vérité
Là où le disque devient franchement passionnant, c’est quand il s’aventure du côté d’Isabelle Aboulker. L’écriture y pousse la colorature vers des hauteurs… disons déraisonnables : "Je t’aime" traverse des passages maniaques où l’on peut entendre une longue tirade obsessionnelle, presque inquiétante, comme si l’amour basculait dans la traque. Le génie de Roset est de ne pas chercher à “faire joli”. Elle accepte de durcir, d’acidifier, de tordre un peu le son quand le texte le demande. Ce courage dramatique – très opératique au bon sens du terme – donne sa nécessité à ces pages : elles cessent d’être des curiosités et deviennent des scènes..
Opéra Magazine
Une place de choix est réservée à des mélodies plus récentes d’Isabelle Aboulker, qui, avec autant de finesse que d’humour, sait si bien faire chanter les poèmes de Charles Cros (L’Inconstante), d’Andersen (La Princesse au petit pois) ainsi que d’un auteur apparemment anonyme (Je t’aime).
Pierre Cadars
Gramophone
L'écriture colorature atteint des sommets de folie dans les passages les plus frénétiques de « Je t'aime » d'Isabelle Aboulker, qu'on pourrait prendre pour le long chant d'un harceleur.
Cette compositrice française de 87 ans, auteure de musiques pour la télévision, le théâtre et le cinéma – ainsi que d'adaptations lyriques de "La Lacune" et de "Leçons de français aux étudiants américains" – d'Eugène Ioneso est d'une spontanéité rafraîchissante, à tel point que Lucia di Lammermoor semblerait à peine folle. À en juger par les trois mélodies d'Aboulker présentes sur l'album – dont sa réinterprétation irrévérencieuse du conte de Hans Christian Andersen, La Princesse au petit pois –, elle pourrait bien être une révélation pour les récitalistes.
Roset possède la technique colorature nécessaire pour tout maîtriser (et elle s'en donne à cœur joie), tout en faisant preuve d'audace en refusant la perfection lorsque le texte l'exige. Sa diction française est superbe – et pleine de sens – même lorsqu'elle explore les limites de la démence chez Aboulker.
David Patrick Stearns
BBC Music Magazine
M'a dit Amour
Deux mélodies d'Isabelle Aboulker, aujourd'hui octogénaire, représentent un défi tout aussi important pour les deux artistes. « Je t'aime ! » est un exercice de virtuosité vocale extrême, tandis que sa version du conte de Hans Christian Andersen, « La princesse au petit pois », s'ouvre sur des accords cristallins évoquant un passé lointain et se termine par un rire complice et glorieux de Roset.
Christopher Cook
Le Monde
M’a dit Amour
Si Claude Debussy (1862-1918) sert de balise à ce parcours très original du répertoire français (entre autres, avec les deux versions de La Fille aux cheveux de lin), son articulation autour de trois pièces d’Isabelle Aboulker (inénarrables combinaisons de bravoure vocale et de bouffonnerie théâtrale) en constitue le principal attrait sur le plan de la découverte.
Pierre Gervasoni
Forum Opéra
Au centre de cet album, une friandise à garder pour les jours de tristesse (ou de chagrin d’amour) : le "Je t’aime" d’Isabelle Aboulker, un festival de notes piquées, de coloratures, de trilles, de glissandos, d’humour, de drôlerie, envoyé avec une allure et une virtuosité débridées par Julie Roset. D’une gaieté juvénile.
La drôlerie de l’Inconstante de Charles Cros (« Sidonie a plus d’un amant »…) fut chantée autrefois d’une voix gentiment perverse par Brigitte Bardot, sur une musique moins subtile que celle d’Isabelle Aboulker qui est d’une espièglerie, d’un mutin, d’un piquant, d’un coq-à-l’âne adorables. Julie Roset chante cela avec l’œil qui brille (on l’entend), de même que "La princesse au petit pois", son archaïsme au second degré, ses mélismes comiques, ses velléités de valse. Où l’on voit à quel point elle sait raconter une mini-histoire, donner vie et liberté à la musique.
Ces trois Aboulker sont parmi les merveilles de ce disque, elles ont l’élégance de contraster avec les pièces plus mélancoliques qu’on a évoquées, mais aussi avec la Reine de cœur de Poulenc, aux harmonies immédiatement reconnaissables (quelques tentations de valse là aussi), avec le tendre Languir me fais d’Enesco, aux couleurs modales, ou le symbolisme tardif de Vers le pur amour de Mel Bonis, une belle montée vers la lumière avec laquelle prend fin l’album.
Charles Sigel
Télérama
“M’a dit Amour”
Troisième pilier de l’album (sur les dix compositeurs•trices convoqués pour l’occasion), Isabelle Aboulker (née en 1938) apporte la malice, l’exubérance et l’inventivité de son écriture musicale. Elle offre aussi un regard contemporain au délicat parcours amoureux dessiné par l’album.
Sophie Bourdais
Qobuz
“M'a dit Amour”: Julie Roset and Susan Manoff
La musique d’aujourd’hui n’est pas en reste avec trois mélodies illustrant parfaitement le style spontané et sans contrainte d’Isabelle Aboulker (née en 1938), autrice d’une quinzaine d’opéras et d’opéras de chambre et de plus de 25 opéras pour le jeune public.
François Hudry